Une journée au coeur des formations

Nous sommes allés à la rencontre des formateurs de la Ligue et des stagiaires du module CFF3, du BMF et du BEF. Jeudi dernier, la semaine touchait presque à sa fin et les esprits ainsi que les muscles commençaient à marquer le coup. Et pour cause, ces 5 jours à Liévin, au sein de l’IRFF de la Ligue de Football des Hauts de France, ne sont pas de tout repos. 

 

Au programme, travail en salle et sur le terrain. Si les stagiaires du CFF 3 ne passent qu’une semaine à l’Arena Stade Couvert, les stagiaires BMF et BEF se retrouvent une semaine plusieurs fois sur la saison pour un volume horaire respectif de 191 heures et 240 heures. 

Nous les avons rencontrés dans leur « salle de cours » alors qu’ils étaient en plein jeu de rôle, Benjamin Hamez (éducateur à l’US St Omer) était alors dans la peau d’un coach en pleine causerie face à ses camarades de promo, devenus pour ce laps de temps, joueurs de l’équipe ! L’intensité de l’exercice est palpable, l’illusion est fascinante, les visages sont concentrés sous le regard attentif des formateurs Franck Caron et Jean-Claude Froissard. 

 

Dans la salle d’à côté, les stagiaires du BMF sont divisés en deux groupes, les premiers sont confiés à Anthyme Chartet et Serge Parsy tandis que les seconds sont pris en charge par Alain Delory et Frédéric Leclercq . Les éducateurs, dont deux éducatrices, sont en groupe et répondent à un thème donné par les formateurs. L’ambiance est détendue mais les méninges se creusent. Apprendre, s’exprimer, échanger dans une ambiance conviviale, voilà tout l’art du bon dosage. 

Sur le terrain synthétique, nous retrouvons les formateurs et stagiaires du module CFF 3 (U17-U19-Seniors). Le groupe est à Liévin pour la semaine. A tour de rôle, ils animent un exercice en tant que coach sous l’oeil d’un observateur (de la promo) et d’un formateur. Nous en profitons pour interroger Didier Mairot, éducateur à Marcq OL. « Venir ici est une démarche personnelle et aussi une volonté du club de faire en sorte que tous les éducateurs  du club soient diplômés ». Depuis quelques saisons maintenant, l’offre de formation a évolué. Les éducateurs peuvent suivre ces modules sans pour autant se présenter à  la certification, ils viennent apprendre, comprendre, mais ne souhaitent pas aller plus loin. Ce n’est pas le cas de Didier Mairot  » je vais ensuite m’inscrire à la certification pour valider ce module. C’est très enrichissant de rencontrer d’autres éducateurs de tous niveaux et d’être en contact avec des formateurs qui ont eux aussi des équipes à gérer, parfois à de hauts niveaux ». Cela nous permet d’élargir notre vision des choses. 

Vers 17h, les CFF3 encadrés par Antoine Cuisinier et André Charlet, quittent le terrain, remplacés par les BEF. A ce stade, ils préparent le plus haut niveau de diplôme de la région dans le but d’encadrer des équipes évoluant au plus haut niveau régional. Nous retrouvons alors Benjamin Hamez qui s’apprête à diriger une séance sur un thème qu’on lui a préalablement attribué 15 jours à l’avance. Il nous confiait ses impressions quelques minutes auparavant, « on travaille dans une bonne ambiance, on a toujours hâte de se retrouver. On va essayer ici de se former au plus haut niveau du foot régional, c’est très soutenu ». Les formateurs autour du terrain observent et doivent pouvoir dire ce que l’éducateur et ses joueurs sont entrain de travailler. Jeu, exercice, situation, l’éducateur va faire évoluer sa séance et faire émerger, en parlant avec les joueurs, une problématique, c’est à dire ce à quoi ils essayent de répondre sur le terrain. Bruno Plumecocq, sur le côté nous confie  » nous irons débrieffer ensuite avec l’éducateur, à l’oral, c’est une volonté affichée d’être dans une pédagogie évolutive, positive, afin de tirer le maximum des stagiaires pour les amener au bout ». Il s’agit là encore de « dédramatiser » l’aspect rigide du diplôme. Sur ce terrain, nous observons des échanges entre formateurs et stagiaires, des avis, des expériences et non des cours théoriques à sens unique.

Pendant qu’un autre éducateur prend son rôle sur le terrain, nous allons à la rencontre de deux anciens pensionnaires du Pôle Espoirs de Liévin, revenus sur leurs terres, deux footballeurs pros Léandre Griffit et Julien Leghait. Léandre se confie « avoir été pro c’est un atout, surtout mental, c’est un plus-value mais il faut aussi avoir de l’humilité, chacun vient avec son parcours, il y a beaucoup de partages avec les formateurs, les éducateurs, on s’écoute tous, on échange beaucoup. » Un autre ancien pro, Stéphane Noro, formé au LOSC, rajoute « on est clairement là dans un but transitoire après notre carrière professionnelle. il s’agit de trouver une suite logique et se former pour prendre en charge un groupe seniors dans les années à venir. Cette formation, c’est intensif, condensé mais on acquiert de l’expérience qu’on peut repercuter sur nos équipes en clubs. » 

Pendant que les formateurs échangent avec le groupe, l’harmonie au sein de l’équipe se fait sentir, ils nous l’ont tous dit, humainement, psychologiquement, physiquement, cette formation les marquera pour le reste de leur carrière. 

Par Pauline Cousin

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