Le Pôle Espoir de Liévin ( article Le Parisien )

Liévin, commune d’un peu plus de 30 000 habitants, distante de quelques kilomètres de Lens, dans le Pas-de-Calais. C’est ici, au coeur de l’ancien bassin minier, que se situe le Pôle Espoir dont dépendent les Districts du Nord, du Pas-de-Calais, de la Somme, de l’Oise, ainsi que la moitié de celui de l’Aisne (l’autre moitié dépend du Pôle Espoir de Reims). C’est au sein de cette structure fédérale que les meilleurs joueurs de 13 et 14 ans issus de ces départements sont amenés à s’aguerrir.
Depuis six saisons seulement, le District de l’Oise est en effet rattaché à ce centre de préformation. Auparavant, l’établissement de référence n’était autre que le mythique Clairefontaine, situé dans les Yvelines. « Pour nous, les possibilités sont plus nombreuses à Liévin, explique le conseiller technique départemental (CTD) Pascal Lefebvre, présent mercredi dernier à Compiègne, lors de l’opposition amicale entre les moins de 15 ans du Pôle Espoir et les moins de 16 ans du club local. A Clairefontaine, on avait un joueur qui partait tous les deux ans, du fait de la concurrence accrue en Ile-de-France. A Liévin, on en a au moins un par an, et même parfois quatre d’un coup, comme l’année dernière. »Les chiffres le confirment : en six rentrées, seize jeunes Oisiens ont intégré la structure nordiste. Et sept sont actuellement internes au Pôle, tout en évoluant à Compiègne, Chantilly ou Chambly le week-end. Car, à la différence des centres de formation, les jeunes footballeurs de Liévin restent licenciés dans leur club d’origine. S’ils passent donc la semaine au centre, bénéficiant d’horaires aménagés, d’entraînements supplémentaires et d’un collège à proximité, ils rentrent chez eux chaque week-end. « Ils sont dans un âge particulier où ils ont encore besoin de leur famille, explique le CTD. On constate d’ailleurs que chaque joueur qui a changé de région pour intégrer un club pro avant l’âge de 15 ans est en échec. Et puis, à Liévin, il y a aussi une vraie exigence au niveau scolaire. Tous ressortent avec un meilleur niveau qu’à leur entrée. »

Si l’école n’est donc évidemment pas mise de côté, les adolescents qui font leurs classes dans ces Pôles espèrent surtout trouver un club professionnel à l’issue de leur préformation. Liévin constitue donc le début d’un chemin long et sinueux.

« On sait qu’on peut perdre nos joueurs à leur sortie du centre, mais c’est normal, c’est le jeu, confie Matthieu Lematte, entraîneur de l’équipe fanion (DH) et responsable de la section sportive de Compiègne, club oisien le plus représenté à Liévin. Pour nous, c’est important d’avoir des joueurs là-bas, ça montre la qualité de nos catégories jeunes. Passer par Liévin, c’est comme avoir bac + 2 : ça ne donne pas de garantie, mais c’est un vrai plus pour la suite. » La suite, elle ne sera évidemment pas la même pour tous les joueurs passés par ce Pôle. Pour quelques-uns, elle s’avérera peut-être particulièrement grandiose. Ça a été le cas, par exemple, d’un certain Raphaël Varane…

Par Pauline Cousin

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